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Open Data en Cote d’Ivoire : ces applications qui peuvent réinventer notre quotidien!
Français, Numérique

Open Data en Cote d’Ivoire : ces applications qui peuvent réinventer notre quotidien!

En tant qu’être humain, quels sont nos besoins physiologiques primaires ? se nourrir, se déplacer, se soigner, s’éduquer ? Bien sûr que oui ! Et d’ailleurs, depuis toujours, nous avons des entreprises / organisations qui se sont données pour objectif de nous proposer des produits ou des services nous permettant de réaliser facilement ces activités vitales ! Ainsi, en 2018, les offres de services nous permettant de manger convenablement, se déplacer, se soigner et avoir de nouvelles connaissances sont innombrables : un nombre indéfini de restaurants, de services de transport en commun, d’hôpitaux et d’universités, etc..

Dois-je choisir un taxi ou plutôt un gbaka 🙂 ? Quel est le meilleur service ophtalmologique de la place qui propose des prix abordables ? Chaque jour, nous devons faire des choix relatifs aux différents prestataires de services qui s’offrent à nous. Mais, le plus difficile, ce n’est pas de choisir comme vous pouvez le devinez ! Faire son choix basé sur suffisamment d’information concernant les différents services proposés, voici le challenge.

Imaginez un instant que vous ayez facilement accès, et de façon plus ou moins centralisée à toutes ces informations, selon que vous soyez intéressés par un service de santé, de transport, de restauration, etc… Aujourd’hui, les compétences techniques permettant de réaliser ce type de plateforme existent et n’en doutez pas une seule seconde. Le problème réside en la disponibilité des informations devant alimenter ces plateformes ! Par exemple, est-ce que les informations sur les horaires de passage des lignes de transport (lignes plus ou moins formelles comme la SOTRA à Abidjan) sont connues et facilement accessibles? Est-ce que je peux facilement avoir accès aux horaires du médecin dans l’hôpital du quartier, pour faire vacciner mon enfant, sans avoir à être debout pendant de longues heures dans la file d’attente ? Si ces données sont connues, sont-elles collectées formellement et mises à disposition de tous pour nos activités quotidiennes ? Si elles le sont, peuvent-elles être accessibles (ou ouvertes) à des tech-entrepreneurs sous forme d’API (Application Programming Interface) par exemple et pouvant être intégrées à des applications mobiles ? C’est quasiment tout le sens des données dites « ouvertes » !

 

Qu’appelle-t-on données ouvertes (open data) ?

De façon simple, il s’agit de données produites et mises à disposition dans un format exploitable par n’importe quel citoyen, sans contraintes liées à un droit de propriété quelconque. L’on pourrait dire que les données ouvertes sont des données qui appartiennent à tous, des données « publiques ». Pensez à la manière dont vous pourriez vous assoir ou vous coucher sur un siège dans un parc sans que personne ne vienne vous demander de payer quoi que ce soit ou de vous lever. Les données ouvertes fonctionnent de la même manière. Vous pouvez les utiliser comme bon vous semble :). Par ailleurs, lorsqu’on parle de données ouvertes ces dernières années, l’attention est portée sur le gouvernement, comme acteur devant ouvrir ses données afin d’améliorer l’utilisation des biens publics.

Open data, quelles applications possibles ?

Sans être exhaustif, cette partie explore quelques possibilités de services très utiles que nous pourrions bénéficier grâce à des données ouvertes.

  1. Le transport, cas d’usage de référence

Google Maps est un parfait cas d’application de données ouvertes dans le domaine du transport. Dans les pays où cela fonctionne, tout citoyen qui rentre une adresse d’un lieu où il souhaiterait se rendre a non seulement la direction pour y arriver, mais en plus les horaires de passage des différents transports en commun qu’il peut utiliser.

Comme vous l’aurez constaté sur la petite vidéo ci-dessous, j’ai recherché un lieu vers lequel je souhaitais me rendre ! En plus de me donner des suggestions de directions à prendre en utilisant ma voiture personnelle, l’application m’a également proposé des solutions de transport en commun. J’ai choisi le métro/bus. En le faisant, elle me propose les options de métro/bus, avec les horaires de passage de ces transports. La carte me présente également les différents arrêts sur mon trajet et m’indique à quel arrêt je devrai descendre avant d’arriver (graffiti de couleur verte sur l’image ci-dessous).

En ayant ces informations cruciales sur les horaires des transports en commun, chacun peut mieux planifier son déplacement et ne pas perdre inutilement de temps à un arrêt de bus par exemple. Cela a l’avantage de nous éviter le spectacle vécu à Abidjan où  les étudiants se ruent sur le bus qui arrive pensant qu’il n’y en aura plus d’autres. Pour ce cas d’usage, les sociétés de transport en commun ont ouvert leurs données sous forme exploitable par des acteurs comme Google afin de produire ce résultat. En Côte d’Ivoire, si l’on règle le problème d’insuffisance de bus de transport en faisant entrer d’autres secteurs sur le marché, ce type de solution pourrait très facilement être réalisable.

  2. L’open data dans la santé pour sauver des vies

Aujourd’hui, il fait partie des secteurs où l’asymétrie d’information entre les acteurs du système de santé et les patients est énorme. Pensez un peu au parcours classique que vous utilisez en cas de maladie, et prenons le cas d’un mal dont vous n’avez pas l’habitude de souffrir, donc pour lequel vous ne connaissez a priori pas de centre de soins approprié. En Côte d’Ivoire, la majorité se rendra physiquement dans le centre de soin le plus proche pour se renseigner ou demandera peut-être à son voisin dans le quartier. Pour les habitués des réseaux sociaux, on fera un tour sur les groupes de discussion (sur Facebook, « Un consommateur averti en vaut 2 » par exemple 🙂 ) à la recherche de recommandations des autres membres ! Et ça marche, quel que soit le moyen utilisé, on aura plus ou moins l’information recherchée. Mais, dans ce cas précis, le temps perdu peut être énorme, notre état de santé peut s’être dégradé encore plus. Imaginons un seul instant qu’on puisse avoir sans trop de tracas, une plateforme simple à utiliser sur notre téléphone qui puisse nous aider à prendre une décision éclairée en fonction des informations telles que les horaires de disponibilité des médecins traitant dans la spécialité en question. En permettant également aux citoyens de donner une note aux prestations médicales, et en mettant ces notes disponibles sur la plateforme, chaque citoyen pourrait, avant de choisir un hôpital, savoir ce que les précédents patients ont pensé de leurs consultations dans cet hôpital et ainsi décider ou non de s’y rendre. Comme je le mentionnais plus haut, la compétence technique pour réaliser ces types de plateforme existent. En Côte d’Ivoire, Afrikadoc, une startup exerçant dans le domaine médical a commencé à proposer ce type de produit, permettant de trouver les horaires des médecins et avoir les avis des patients sur les prestations des hôpitaux. Le défi reste toujours l’ouverture de ces données, quand elles existent, à la population, afin qu’elle puisse s’informer convenablement. Dans ce cas d’espèce, convaincre les hôpitaux d’ouvrir leurs données est l’une des tâches les plus cruciale afin de réussir ce projet.

Le même procédé peut également être appliqué aux médicaments et permettre aux citoyens de savoir si un médicament est légal ou pas ! Il peut également être appliqué aux aliments que nous achetons dans un supermarché ou une boutique du quartier, pour savoir s’il ne contiendrait pas des substances interdites par notre gouvernement.

Toutes ces informations peuvent finalement être remontées au gouvernement afin qu’il prenne des mesures destinées à améliorer tout le système de santé (hôpitaux, fournisseurs de médicaments, contrôle qualité de nos aliments, etc…)

  3.Des données ouvertes, panacée contre l’anarchie dans le secteur du logement ivoirien?

Je n’ai certainement pas la réponse, mais je pense qu’en combinant des données géographiques sous forme de carte détaillée avec les zones déjà habitées, les zones en construction ainsi que les agences immobilières opérant dans chaque zone urbaine, l’on peut rapidement rendre fluide le parcours du citoyen désirant se procurer une maison. Ces données géographiques sont normalement des données du gouvernement. Une collaboration avec les acteurs privés exploitant les habitations pourrait par exemple facilement aider un ami vivant à Daloa et désirant aménager à Abidjan à localiser les possibles maisons disponibles dans les différents quartiers d’Abidjan ainsi que les prix pratiqués par les agences immobilières. Une telle collaboration fait gagner énormément de temps et a surtout l’avantage d’instaurer une certaine confiance entre les citoyens et les acteurs réels du secteur de l’immobilier tout en réduisant le nombre d’arnaques au logement constatés sur les réseaux sociaux.

  4. Des données ouvertes dans l’éducation

En Côte d’Ivoire, l’on a assisté à des situations tristes où certains élèves ou étudiants ont fréquenté une école ou une université pendant plus de 2 ou 3 ans et ne se sont rendu compte qu’à la fin de leurs études que l’Université ou le lycée n’était en réalité pas agréé par le ministère de tutelle ! Cette grosse asymétrie d’information leur aura valu de précieuses années d’études et de l’argent. Pourtant, en ouvrant les données sur le système éducatif, et en particulier ceux relatifs aux accréditations nécessaires pour exercer en tant qu’institution académique, ceci aurait pu être évité. Aussi, même quand ces données sont disponibles, il faut surtout améliorer la manière dont on pourrait les rendre facilement accessible à la majorité de la population sans que celle-ci n’ait à se rendre dans un quelconque bureau de ministère.

En définitive

Des données ouvertes, cela ouvre d’innombrables possibilités pour les tech-entrepreneurs afin d’exploiter ce canal universel qu’est le téléphone mobile, bien intégré dans nos habitudes. Ils peuvent ainsi proposer des solutions simples pour faciliter notre vie quotidienne. Mais pourtant, des prérequis existent afin de donner vie à ce type de service : Améliorer notre système d’adressage des rues, sensibiliser nos populations sur le concept même de « donnée » en leur présentant les bénéfices dans leur vie quotidienne, encourager une collaboration entre acteurs du privés qui sont généralement un cran à l’avance en matière d’innovation, et le gouvernement afin de partager les informations, etc.. Ces prérequis ne sont nullement exhaustifs, mais le message le plus important, c’est que, des données ouvertes pour tous ne sont utiles et utilisées par tous, si, et seulement si citoyens et gouvernement, comprennent réellement ce que cela représente !

Ces données ouvertes pour tous peuvent provenir du gouvernement ET du secteur privé !

Enfin, certains gouvernements pourraient parler de confidentialité comme raison pour ne pas ouvrir leurs données au public. Mais, à mon sens, il ne s’agit pas d’ouvrir des données à caractère personnel ! Et tout au long de cet article, les applications que nous avons énumérées ne concernent  pas de données pouvant identifier une personne en particulier.

Vous connaissez d’autres applications que l’on pourrait faire de données ouvertes dans un secteur en particulier ? Rejoignez le débat et dites-nous comment cela pourrait se mettre en œuvre.

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Written by Jean Jacques Abe in 20/08/2018 / 179 Views

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