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Streaming vidéo en Côte d’Ivoire : quelles opportunités ?
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Streaming vidéo en Côte d’Ivoire : quelles opportunités ?

Si vous êtes friands de séries télévisées directement consommables sur Internet, vous connaissez surement Netflix (un géant américain qui s’est internationalisé depuis peu), My Canal (l’offre streaming du français Canal+, leader dans la diffusion de chaînes câblées en Afrique francophone) ou encore l’application en ligne  de RTI Cote d’Ivoire. Même les opérateurs de téléphonie proposent des solutions de streaming !! Et pourtant …

Tout a changé en si peu de temps !!

En réalité, l’audiovisuel a bien changé depuis mes années lycées grâce au rapide développement d’Internet. Même si la consommation Internet en Côte d’Ivoire est toujours en deçà de ce qui s’observe dans les autres parties du monde, elle suit la même tendance haussière qu’en Europe ou aux Etats Unis. La raison est simple. Les usages en matière d’Internet se multiplient et le streaming constitue la principale source d’utilisation d’Internet. Certaines sources indiquent que pour les régions du monde enregistrant le plus faible pourcentage d’internautes adeptes de streaming, ce taux est tout de même de 65% !! En clair, au moins 2/3 des internautes dans le monde passent du temps à regarder des vidéos sur Internet. Cela parait banal lorsqu’on le dit ainsi, mais les enjeux sont énormes et les opportunités existent pour l’ensemble des acteurs de l’écosystème audiovisuel. On regarde cela de plus près en Côte d’ivoire.

En Côte d’Ivoire, la télévision traditionnelle tient bon

Les récentes études d’audience placent les programmes de Novelas comme les plus regardés. Or, le genre Novelas est encore peu présent sur les plateformes de streaming classiques. Du coup, des acteurs tels que Canal+ ou encore les opérateurs de téléphonie continuent de capter des heures d’attention des internautes. A mon avis, nous sommes toujours dans une configuration où Internet et les réseaux sociaux ne constituent pas encore des substituts à la télévision. Ils sont même complémentaires et contribuent à l’atteinte de la satisfaction de l’internaute. Même si regarder des vidéos sur les réseaux sociaux grignote de plus en plus de temps d’attention des internautes, aucune étude sérieuse n’a encore démontré que ce phénomène réduirait le temps passé devant la télévision, comme cela est le cas ailleurs. Toutefois, à mesure que les plateformes de type Netflix ou Iroko TV proposeront des contenus originaux et des moyens de paiement adaptés à nos habitudes et que les coûts d’Internet baissent, il n’est pas impossible que le temps passé devant la télé soit réduit.

Netflix, My Canal, Facebook ou les opérateurs télécom ?

La télévision occupant toujours une place indéniable, la bataille des plateformes en vue de capter notre attention sur Internet se joue entre 4 catégories d’acteurs en Côte d’Ivoire.

  • Les chaînes câblées de type Canal+ qui proposent des versions web de leur abonnement TV : en réalité, ce sont des réponses marketing au développement d’Internet et au fait que de plus en plus de clients passent du temps sur Internet et leur mobile. Le frein majeur à ce type d’usage pour le client demeure le contrôle de sa consommation Internet
  • Les plateformes classiques de streaming telles que Netflix : proposant des contenus internationaux très variés, Netflix s’est internationalisé et propose désormais un catalogue croissant de contenus africains (pas encore ivoiriens J). D’ici 3 ou 4 ans, l’on peut espérer que des acteurs (encore américains) comme Disney et Amazon ouvrent leur plateformes au monde entier et proposent encore plus de contenus. Dans ce contexte de concurrence, il est fort à parier qu’ils proposeront de plus en plus de contenus africains, à l’image de Canal+ avec des chaînes comme A+ Ivoire ou encore Nollywood TV. Cependant, ses acteurs spécialisés dans le streaming n’ont pour le moment pas trouvé nécessaire d’adapter leurs moyens de paiement (carte bancaire) à notre contexte local, ce qui va toujours continuer à être un obstacle à leur adoption. Enfin, il ne faut pas oublier le coût d’Internet, perçu par les internautes comme étant toujours onéreux donc peu pratique pour faire du streaming.
  • Facebook s’en sort plutôt bien car longtemps perçu, peut-être à tort comme consommant trop peu de données à lui tout seul ! Or, la nouvelle stratégie de la plateforme est désormais axée sur la vidéo : les vidéos ont plus d’engagement et Facebook préfère montrer plus de vidéos que du texte à ses abonnés. En plus, en lançant Facebook Watch, c’est encore plus de contenus plus ou moins longs qui nous seront montrés, sans abonnement, moyennant de la publicité. Du coup, puisque Facebook détient la majeur partie de notre temps passé sur les réseaux sociaux (et parfois même sur Internet), nous faisons plusieurs minutes de streaming par jour sur cette plateforme et faisons parfois, très peu attention à notre consommation de données internet (contrairement au streaming sur Netflix par exemple)
  • Les opérateurs télécoms sont pour le moment les seuls contrôlant à la fois les moyens de paiement adaptés à nos usages et la connectivité nécessaire pour faire du streaming. Ils ne produisent pas de contenus pour le moment mais acquièrent des droits de distribution de contenus. Ils pourraient constituer de sérieuses alternatives à la télévision s’ils décident un jour de produire leurs propres contenus plutôt que de distribuer ceux des chaînes de TV.

Quid des régies publicitaires ?

A l’heure du streaming vidéo sur Internet, les régies publicitaires s’adaptent rapidement et proposent de plus en plus de formats publicitaires  intégrés à des moments spécifiques dans les vidéos. Ainsi, des plateformes de streaming gratuites (Facebook Watch, IGTV sur Instagram, Youtube …) proposent des formats insérés eu début ou au milieu de la vidéo. Or, ce type de format pourrait produire l’effet contraire à celui escompté. En effet, contrairement à la TV où certaines grosses entreprises arrivent à diffuser presque tous les jours leurs publicités au prime time (généralement avant le journal TV), augmentant ainsi leurs chances de rester « Top of Mind » chez les téléspectateurs, le phénomène est tout autre sur Internet. Généralement, les internautes sont peu enclins à accorder quelques secondes à une publicité vidéo insérée dans une vidéo favorite qu’ils sont entrain de visionner. Soit ils la zapperont s’ils en ont la possibilité, soit ils détourneront leur regard juste le temps de la vidéo. En plus, pour l’expérience personnelle que j’ai eue avec ce type de format publicitaire, j’ai été rarement été exposé à la même vidéo plus de 2 sur une courte période de temps. Par conséquent, il était quasiment impossible, à mon avis, que je puisse me rappeler de ce service au moment où je souhaiterais faire un achat.

En définitive,

Le streaming sera forcément la norme de consommation de vidéos, à mesure que les coûts de l’internet baissent, que les contenus et les moyens de paiement des plateformes de streaming sont adaptés à nos habitudes locales. Il est toutefois difficile de parier  que ces facteurs réunis changeront nos habitudes face à la télévision traditionnelle, car finalement, ce qui nous attire pour le moment, c’est bien l’originalité des contenus proposés par la TV : le contenu est roi !!

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Written by Jean Jacques Abe in 13/04/2019 / 172 Views

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