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Transfert d’argent en Afrique : Les opportunités toujours immenses pour la pléthore d’acteurs
Français, Stratégie

Transfert d’argent en Afrique : Les opportunités toujours immenses pour la pléthore d’acteurs

Selon la Banque Mondiale, les transferts de fonds internationaux des africains de la diaspora à destination du continent dépassent l’aide publique au développement reçue chaque année. Deux acteurs américains, Western Union et Money Gram ont longtemps été les intermédiaires de choix pour les transferts de fonds (entre pays africains également).

Aujourd’hui, la tendance est tout autre et la concurrence s’active, proposant chaque jour des solutions toujours innovantes. Si les acteurs du secteur sont très nombreux, c’est parce que les opportunités de croissance sont tout aussi nombreuses. Je dresse ici un petit tableau du secteur!

Une pléthore d’acteurs : Panorama

  • Les banques commerciales : Traditionnellement, le transfert d’argent international a été l’apanage des banques.
  • Les opérateurs de Transfert d’argent :Très vite, les délais de traitement et les commissions de transfert ont favorisé l’expansion du duopole Western Union – Money Gram. Si leur rapidité et leur professionnalisme ne souffrent d’aucune contestation sur le continent, le coût élevé des commissions devient rapidement un point de détraction et une opportunité pour d’autres acteurs. Wari, Express Union, Ria, Sigue, Money express (entre autres) entrent sur le marché en baissant leurs frais de commission. Bien que n’ayant pas de réseau d’agences aussi diversifié que les 2 géants, leur entrée marquera le début d’une concurrence….par les prix.
  • Les opérateurs mobiles : Depuis quelques années, les opérateurs mobiles, déjà présents sur le marché du transfert d’argent domestique (à l’intérieur d’un pays donné), se sont également lancés dans cette dynamique avec leurs services respectifs de Mobile Money. Pour le moment en Afrique francophone, des contraintes réglementaires interdisent aux acteurs de la téléphonie mobile d’effectuer des opérations de transfert d’argent en dehors des espaces sous régionaux (UEMOA, CEMAC). Pourtant, ces acteurs apportent un sang neuf à la concurrence qui était jusque-là, une concurrence par les prix. Désormais, il faut penser « mobile », car le continent africain est l’un des plus dynamiques au monde en matière d’usage du mobile; le mobile étant désormais accessible à un grand nombre. Très vite, la riposte se précise et des acteurs comme Western Union introduisent les transferts internationaux via smartphone grâce à des applications mobiles.
  • Les start-ups technologiques: Ce sont les derniers acteurs en date à entrer progressivement sur ce marché. Ils font la concurrence, à la fois par les prix, leur approche centrée sur le mobile et surtout par l’innovation, en proposant de nouveaux usages. Worldremit, avec le transfert en ligne, Wizall, Mergims et Afrimarket et leur service de cash-to good (envoi d’argent récupéré sous forme de biens de consommation et de services), bien que moins populaires, commencent à introduire de nouveaux usages qui pourraient bien changer les règles du jeu dans les prochaines années.

A mesure que les acteurs entreront sur le marché, les prix continueront inéluctablement de baisser

Quelles perspectives pour capter plus de part de marché ?

A mesure que les acteurs entreront sur le marché, les prix continueront inéluctablement de baisser. A commission quasi-égale, le choix pour le consommateur final résidera en 2 éléments :

  1. Le réseau de distribution

La capacité pour les nouveaux acteurs de capter les parts chez les deux mastodontes Western Union et Money Gram sera déterminée par la bonne capillarité de leur offre de produit. Inéluctablement, ils ont remporté une partie de la bataille de l’accès au service grâce à l’usage d’Internet ; mais faire du Cash-to-Cash nécessite de déployer une infrastructure (ou un système de distribution) facilitant le retrait du cash, une fois qu’il est envoyé. Sur ce volet, ils peinent encore à constituer ce réseau solide sur tout le continent.

  1. Les usages multiples proposés par les acteurs

Utiliser l’argent reçu contre des produits et services, acheter du crédit du communication ou de l’Internet ou faire des paiements dans la boutique du coin directement à partir de l’argent transféré d’un autre pays et reçu sur son mobile ? Des usages de ce type, il en existe déjà en Afrique. Pourtant, ces usages ne sont généralement pas possibles chez un seul acteur ! L’on ne peut recharger son crédit de communication qu’avec un compte chez un opérateur mobile. Acheter des produits sur Internet ou directement chez un commerçant de quartier n’est pas possible quand on dispose d’un portefeuille électronique chez un opérateur de transfert d’argent !

d’autres usages doivent être proposés, en explorant des secteurs adjacents, au risque de voir les revenus baisser d’année en année.

En s’inspirant des géants du Web qui ont pris l’habitude de grouper (ou se diversifier) plusieurs usages dans leurs différentes applications,  les opérateurs du secteur pourraient ainsi se différencier et capter encore plus de valeur à l’image d’Amazon. Le Cash-to-Good pourrait résolument être un point de départ sur un continent où, selon le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), plus de la moitié de l’argent perçu sur le continent par les familles de migrants est destinée à la satisfaction des besoins primaires tels que l’alimentation ou l’habillement. Aussi, entrer sur le marché du paiement de course (paiement de facture d’électricité, de frais de scolarité, etc) dans les différents marchés locaux où exercent ces acteurs pourraient également constituer un usage connexe qui permettrait de capter de la valeur. Le seul obstacle qui se dresserait, serait d’ordre juridique et réglementaire.

 

La concurrence entre les acteurs se focalise sur la baisse des frais d’envoi, ce qui est totalement logique. Cependant, à mesure que les frais baissent d’année en année, et que le réseau de distribution des nouveaux acteurs se densifie, d’autres usages doivent être proposés, en explorant des secteurs adjacents, au risque de voir les revenus baisser d’année en année.

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Written by Jean Jacques Abe in 08/11/2017 / 346 Views

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