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YALI: ce qu’il est / ce qu’il n’est pas !!
Français, Mandela Washington Fellowship

YALI: ce qu’il est / ce qu’il n’est pas !!

Cette série d’articles vise à partager mon expérience vécue tout au long du Mandela Washington Fellowship 2018.

5è et dernier article de notre série consacrée au Mandela Washington Fellowship. Pour ce dernier article, j’ai choisi de présenter globalement le programme sous un angle assez inhabituel. L’objectif est de pouvoir donner une vue globale aux futurs candidats de la prochaine cohorte et lever certaines idées préconcues!

Pour rappel, le Mandela Washington Fellowship est le programme phare du Young African Leaders Initiative (YALI), programme d’échange américain permettant à des jeunes africains (ainsi qu’à des professionnels américains) de renforcer leurs compétences et de tisser des relations durables en Afrique et aux Etats-Unis. De plus amples informations peuvent être trouvées à l’adresse suivante https://yali.state.gov/  .

Vous pourrez retrouver les 4 premiers articles de la série en cliquant ci-dessous :

1er article : Invest Atlanta, un modèle particulier d’incubation de start-ups

2e article : Ne créez pas une entreprise, créez un mouvement : ce qui fait les grandes marques

3e article : Blockchain : comment IBM Food Trust révolutionne le domaine de la logistique

4e article : Créer une expérience-client inoubliable grâce au Design Thinking

Ce qu’est le YALI

1. Programme de formation certifiante

Le YALI permet durant 6 semaines d’acquérir des compétences académiques dans des universités américaines parmi les meilleures. Il propose 3 parcours certifiants.

  • Certificate in Business & Entrepreneurship : Il s’agit de celui que j’ai suivi. Comme son nom l’indique, il donne des formations dans divers domaines de l’entreprise, que ce soit du marketing, de la finance, de la gestion de projet en passant par la supply chain, le leadership et la technologie. Sur ce dernier point, il ne s’agit pas d’apprendre à qui que ce soit à programmer avec un ordinateur, mais de parler de tendances en matière de technologie et comment la technologie contribue à améliorer la productivité des entreprises. Les cours théoriques sont renforcés par des études de cas et des visites d’entreprises évoluant dans le domaine. Tout au long de mes précédents articles de la série, (voir plus haut), j’ai essayé de discuter de nos différentes visites et des leçons apprises. Ce parcours met également un accent fort sur la culture de l’esprit entrepreneurial et de la persévérance. Ici, j’ai pu apprendre qu’on apprécie un peu plus un entrepreneur résiliant qu’un simple employé du secteur privé ou public. Un fait également commun est que les startups du type Google et Facebook ne courent pas les rues. Malgré le cadre propice à l’entrepreneuriat, 60 à 70% des petites entreprises meurent avant l’âge de 5 ans. La statistique vous dit quelque chose à Abidjan ? 🙂
  • Certificate in civic leadership : à l’attention des personnes engagées dans la société civile à travers des ONG par exemple et qui luttent pour une cause. Contrairement au précédent parcours, l’accent est mis sur des personnes oeuvrant dans des organisations à but non lucratif. On ne parlera donc pas de profit, de marketing, etc 🙂 Les personnes suivant ce parcours ont la chance également de rencontrer des personnes engagées dans leurs communautés que ce soit aux Etats Unis ou en Afrique et de partager de bonnes pratiques, tisser des partenariats afin d’étendre la présence géographique de leurs organisations à but non lucratif.
  • Certificate in Public management : à l’endroit des personnes travaillant dans le secteur public ou sur des projets dits publics impliquant une collaboration avec des entités publiques (entreprises publiques, ministères, …) Ces personnes ont eu l’occasion d’étudier les différents systèmes de gestions des affaires publiques. Ils ont aussi étudié les Partenariats Publics et Privés, mécanisme très prisé par nos états africains ces dernières années.

NB : J’ai surement été assez succint pour les parcours «civic leadership » et « public management » compte tenu du fait que je ne les ait pas suivis. J’invite mes lecteurs ayant déjà participé au YALI à m’aider à compléter cette section 😉

2. Un puissant réseau de contact à travers l’Afrique et les USA

« S’il y’a une chose pour laquelle les américains sont très bon, c’est le networking » disait l’un de mes professeurs durant ces 6 dernières semaines. Contrairement à une formation certifiante classique en ligne ou en présentiel, l’expérience accorde un nombre considérable d’heures pour les activités de réseautage (networking). Parce que la plupart des personnes participant aux différents parcours aspirent développer les organisations (privées ou publiques) dans lesquelles elles évoluent, des opportunités sont créées afin de rencontrer un grand nombre de personnes dans les domaines d’intérêts des participants au programme. Il est quasi rare d’achever le programme sans avoir rencontré un autre YALI ou une personne résidante aux Etats Unis n’ayant pas les mêmes intérêts afin de partager des conseils, des avis, etc. Dans ma cohorte par exemple, certains fellows ayant des entreprises en phase de forte croissance ont eu la chance de rencontrer des investisseurs. De bonnes perspectives donc que ces derniers effectuent le voyage en Afrique et investissent dans ces jeunes pousses africaines. Le plus important, c’est vraiment de garder et d’entretenir le contact une fois de retour au pays : que ce soit le contact avec les personnes résidant aux Etats Unis ou les autres africains du programme, parce qu’en définitive, on ne travaille qu’avec quelqu’un qu’on a appris à connaître.

3. Un puissant incitateur à refuser le statut-quo

S’il y’a une chose pour laquelle ces américains ont la culture, c’est bien de n’attendre quasiment rien de personne. De ce fait, et quel que soit le parcours emprunté pour le YALI (Business & Entrepreneurship, Civic leadership, Public Management), tout est fait pour vous faire comprendre que chacun de nous a le potentiel de résoudre n’importe quel problème dans nos sociétés.

  • Par exemple, on expliquera à quelqu’un dans le parcours « Business & Entrepreneurship » comment il peut créer une entreprise en observant un problème économique dans son quartier et l’étendre au fur et à mesure. On lui enseignera également qu’il peut échouer en le faisant, et que cela fait partie du processus. Il faut juste le refaire ! On lui expliquera également qu’il n’y a pas d’âge pour mettre en place son entreprise, qu’importe qu’il soit un employé à plein temps ou âgé de bientôt 50 ans.
  • A l’employé du secteur public participant au YALI, on lui expliquera comment il faut valoriser le bien public et militer pour donner le vrai pouvoir à ceux qui élisent les dirigeants. Comme l’adage le dit, le vrai leader, c’est celui qui sert (servant leadership).
  • Au dirigeant d’ONG qui suit le parcours « civic leadership » on lui présentera des exemples exceptionnels d’acteurs de la société civile ayant été de réels acteurs de changement.

4. Des opportunités d’exposition à divers environnements professionnels

Après les 6 semaines que durent le Mandela Washington Fellowship, d’innombrables opportunités existent.

  • Un certain nombre de fellows ont l’occasion d’étendre leur séjour et d’effectuer des stages dans des institutions américaines répondant aux intérêts présents et futurs du fellow(j’ai la chance d’y participer en ce moment).
  • De retour au pays, d’autres opportunités professionnelles sont offertes dans d’autres institutions basées en Afrique pour ceux qui le souhaitent.
  • Des opportunités de financement d’idées d’entreprises, d’entreprises en phase de décollage ou de forte croissance sont également disponibles
  • Il est également possible de développer des projets conjoints avec des fellows du continent africain ou avec des contacts résident aux USA.

Ce que n’est pas le YALI

1. Programme uniquement destiné à des personnes leaders d’association à but non lucratif

Non, contrairement à des idées reçues, le YALI se veut très inclusif avec 3 parcours en fonction des aspirations professionnelles et des activités professionnelles actuelles (secteur public, secteur privé, entrepreneurs, société civile, etc)

2. La panacée pour avoir une promotion dans son boulot !

En règle générale, une promotion intervient au boulot lorsqu’on atteint ses objectifs professionnels. Il n’est pas exclu d’avoir une promotion à l’issu du YALI. Mais, à mon avis, cela se réalise une fois qu’on a démontré des aptitudes exceptionnelles, en lien avec son boulot, grâce au YALI, et non comme une récompense pour avoir juste participé au YALI. D’ailleurs, c’est le cas pour toute formation professionnelle qu’on entreprend lorsqu’on est employé

3. Un diplôme marquant la fin d’un processus d’apprentissage

Bien qu’étant exposé aux dernières tendances en la matière de nos différents domaines, le YALI n’est pas une fin en soi comme le disait l’autre. Il faut continuer d’apprendre, continuer à être une meilleure version de soi-même après cette expérience.

4. Une formation pour super-héros

Je peux imaginer le sourire sur tes lèvres en lisant ces lignes. Le désir de vouloir changer des choses dans son domaine existe et cela est légitime ! Mais non, le YALI n’est pas un super-héros comme Harry Poter qui peut changer tout d’un coup de baguette magique ou encore Jarvis qui réalise tous les désirs de Tony Stark dans Avengers (un clin d’œil aux fans de MARVEL 😉 ). A mon avis, les changements qui durent se planifient D’ABORD et prennent le temps qu’il faut pour que les effets se fassent sentir. Je termine cette section par une autre citation d’un autre de mes professeurs durant ces 6 semaines : « ne vous mettez pas de pression inutile en voulant faire des choses pour plaire à des personnes. Sentez-ce que vous voulez faire, planifiez et agissez ! Mais rappelez-vous que vous ne pourrez jamais tout faire ».

 

En définitive

Le Mandela Washington Fellowship, c’est 6 semaines intenses de travail qui permettent de mettre tout ce que l’on sait en perspective. J’ai choisi à travers ces articles de vous présenter le coté « hard work » plutôt que le coté « fun » de l’expérience (photos et vidéos) en espérant que cela suscite en vous une idée d’entreprise qui fera de vous peut-être le prochain millionnaire du quartier (rires). J’espère surtout vous avoir appris quelque chose de nouveau !

Tu as envie de participer au Mandela Washington Fellowship 2019 mais  tu te demandes surement ce que cela pourrait apporter à ta carrière ? Je ne pourrai certainement pas te donner de réponse précise quant à l’impact de ce programme sur ta carrière ;), mais je pourrai peut-être t’aider à te préparer.

N’hésite pas à poser autant de questions que tu veux en commentaires !

Comments

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Written by Jean Jacques Abe in 05/08/2018 / 238 Views

2 Comments

  • Bintou DIABY 06/08/2018 at 1:15

    Merci pour le partage, je voulais savoir s’il fallait être parfaitement bilingue avant de postuler?

    Reply
    • Jean Jacques Abe 06/08/2018 at 5:14

      Hello Bintou! Au cours de la formation aux USA, les cours seront dispensés en anglais. Aussi toutes les personnes avec qui tu interargira parleront en anglais. Tu as besoin d’avoir un niveau minimum afin de converser avec eux et comprendre les cours c’est tout.

      Reply

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